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Montalembert

 

Marc René, Marquis de Montalembert, Seigneur entre autre de Forgeneuve en Périgord, est né à Angoulème le 16 juillet 1714. Après de brillantes études, il entreprend une non moins brillante et longue carrière militaire, se lancera dans l'industrie des canons, deviendra une sommité en architecture défensive et aura un certain succès en litérature et poésie.
Autant dire que les divers sites consultés sur internet ne sont qu'éloges et admiration.

Je suis donc désolé d'écorner, à la lecture des témoignages dont je dispose, une si belle image.

En 1750, le Ministre de la Marine, voulant équiper la flotte Royale, passa commande à trois fondeurs de la région d'Angoulème, 200 pièces de canons pour le Marquis de Brassac, 400 pièces pour Jean de Roffignac et 800 pièces pour le Marquis de Montalembert. Ce dernier venait d'acheter le moulin de papier de Ruelle  pour le transformer en forge à canons, et afferma la forge de Montizon.
En homme d'affaire avisé, il propose à Brassac et Roffignac de racheter leurs commandes, de louer leur forges bien sur contre commission. Un seul fournisseur n'ayant plus de concurrents pourra plus facilement obtenir de meilleures conditions, qu'il disait.
La convention avec Jean de Roffignac qui venait d'acheter la fonderie de la Chapelle Saint Robert et s'était bien approvisionné en minerais et bois tout proches est signée le 3 décembre 1750 contre 120 000 livres réparties sur cinq années. Il fait de même avec le Marquis de Brassac et sa forge de Combiers.
Devenu grand pourvoyeur de canons pour la marine, il s'empare facilement de Forgeneuve, Jornelière, Bourneuil et Rudeau. Avec tout cela, le Ministre lui accorde de nouvelles sommes qu'il employa à acheter des charges, des équipages et à monter une maison considérable. Il achète entres autres la charge de Lieutenant Général des provinces de Saintonge, qui se révèlera rentable par la suite. Ayant d'autres occupations plus à ses goûts, il place à la direction des forges son frêre, le chevalier de Montalembert.

Jean de Roffignac décèdera un an plus tard. Bien mal lui en a pris, car délors notre Marquis cessera tous paiements à la veuve Roffignac et à son fils René Annibal qui n'a que onze ans. Sous la menace d'un procès, il promet  en 1756 de rendre les sommes dues sous forme de fontes et de limailles. Mais les livraisons de canons à la marine ayant connues des ratées, il a quelques ennuis avec le ministère  qui bloque les matériaux. Ceux ci ne peuvent être livrés qu'à partir de 1761, rouillés et dépréciés, leur valeur est loin de la somme espérée.

Entre temps, le contrat avec la marine n'étant pas respecté, il fut dépossédé de la fonderie de Ruelle.

Il livrera les limailles et fontes à partir de 1761 et s'investira dans ses autres occupations avec plus de succès. Mais le petit Rouffignac est tenace. Devant son insistance qui grandit avec l'âge, grâce à la charge de lieutenant Général qui le place juge et partie, Montalembert se passe des juges et même du tribunal et se débarrasse de ce créancier génant, en l'envoyant en prison pour insultes graves. (Voir à la page Rouffignac, Dur, dur, les débuts)
On est en 1766. René Annibal terminera officiellement son stage prison en 1771.

Le Marquis décèdera en 1800 à l'âge avancé de 86 ans.